Ref. document :
E16 (D171)
Titre de la lettre:

Avis du dactylographe
sur le risque d'une guerre nucléaire.
Le refuge anti-atomique.

Date :
29 Octobre 1973 (reçue le 5/11/73)
Destinataire :
Monsieur Villagrassa

 

E16 (D171)

M. D. Enrique Villagrasa                                                 
MADRID
Reçu le 5.XI.1973                                                                                                     29 octobre 1973

            Mon cher monsieur,

La présente est pour vous relater certaines choses importantes qui se sont succédées ces derniers jours concernant les messieurs habitants d’Oumo.

Je me suis déjà adressé à vous d’autres fois, bien que je n’aie pas la faveur de vous connaître personnellement et pourtant vous avez pu me voir.

Déjà en une occasion, j’avais commis l’erreur de vous écrire sans leur permission mais, cette fois, j’ai leur autorisation, et je le dois aux circonstances. La présente est pour vous donner une bonne nouvelle bien que vous l’auriez eu même sans recevoir ma lettre. Mais, je suis obligé de vous la communiquer.

Je dirai seulement ce que ces messieurs m’ont autorisé à communiquer, encore que je voudrais en dire plus que je ne pourrais car c’est bien peu de choses, si nous exceptons quelque affaire que je sais qu’ils tiennent secrète.

Il me plaît encore de vous écrire car, s’ils ne reviennent pas, je vais avoir le plaisir de vous connaître personnellement MM. Garrido Buendía et Sesma Manzano, ainsi que les autres messieurs de Séville, Oviedo, Bilbao, Barcelone et même Madrid. Car, il conviendrait d’organiser une réunion de tous qui pourrait se faire dans ma maison qui est, pour cela, ce qu’on peut demander de mieux pour, tous ensemble, traiter la plus grande affaire que nous ayons connue en Espagne, et vous savez bien que je n’exagère pas car, moi, les petits doutes que j’ai me harcèlent tout le temps. Ce serait mentir de dire que leurs autres collaborateurs  ne seraient pas du même avis.

C’est pitié est qu’ils ne l’aient pas permis pas avant car, parmi tous, j’ai des preuves plus que suffisantes que nous n’exagérons pas, bien que dire que des hommes viennent d’une planète lointaine, c’est dire aussi que tu es fou ou imbécile. Avoir vécu beaucoup d’années en les voyant et les entendant parler, c’est comprendre, quand on les connaît un peu et qu’on s’est fixé sur les détails, qu’ils ont quelque chose qui est différent de tous les autres humains. Au début, on aurait dit des messieurs comme vous ou moi. (Je connais seulement une de leurs femmes qui une nuit a dormi chez moi et de fait elle était leur chef à tous, cette année là). Ensuite la première chose qui attire l’attention, c’est la voix qu’ils ont, mais cela ne prouve pas qu’ils soient d’une autre planète, car des gens opérés de la gorge ou qui ont un frein prononcent de la même manière, mais tu commences à connaître de jours en jours il ne se montre pas des détails du corps que tu ne dises : ou c’est une malformation de naissance ou ils ne sont pas comme les autres hommes. Ou encore quel intérêt ont-ils à dire un mensonge aussi grossier ? Si tu le dis une ou deux fois, on pourra dire : Cet homme est dingue, mais tu te dis des choses variées sur eux, qu’ils sont sérieux et intelligents. Ensuite tu commences à connaître les appareils qu’ils utilisent et tu dis : ou ce sont des espions d’un grand pays et ils disposent d’appareils jamais vus même au cinéma ou, bien que ce soit dur à croire, ils disent la vérité vraie.

Je ne sais ce que vous pensez de tout cela. Au mieux, toutes les lettres qu’ils vous écrivirent, monsieur Villageois, ont été déchirées en pensant que c’était une plaisanterie. Au pis ce serait une erreur de grands. Il est clair que vous êtes très libre et comme j’ai compris que vous n’aviez pas parlé avec eux, vous pouvez  croire que, comme ces lettres ne sont pas signées, c'est-à-dire anonymes, elles ne méritent pas la peine qu’on en fasse cas. Cependant j’ai entendu dire vous êtes pour les respecter et que vous appartenez à cette association d’étude des ovnis, à qui un autre homme et moi avons commande de vous envoyer la lettre qui nous prend la tête ces jours-ci.

Je vais vous conter l’affaire depuis le début pour éclairer les choses, je me réserve deux seules deux choses qu’ils ne m’ont pas permis de dire et qu’il me paraît juste de ne pas révéler sans leur permission. Il y a quelques semaines, l’un d’eux (ils étaient de passage à Madrid et je l’avais vu seulement une fois déjà) vint m’appeler par téléphone pour convenir de l’heure de la visite. Il me donna une enveloppe et s’en alla aussitôt, après m’avoir demandé d’envoyer cette enveloppe et dit si je pouvais passer à l’hôtel le mercredi qui était le lendemain.

Je fus reçu le soir par deux hommes d’Oumo : L’un que je connaissais et un autre nouveau qui parlait très mal le castillan et était très jeune, quasiment un adolescent de seize ou dix-sept ans,   vêtu d’un jersey de sport et qui passa son temps très distraitement à regarder le sol. Ils me reçurent dans la chambre de l’un d’eux, mais comme elle donnait sur la rue nous passâmes dans une autre qui donnait sur une cour intérieure. C’est là que le plus grand des deux me dit qu’ils allaient tous quitter le territoire de la Terre. Je leur ai demandé pourquoi, s’il resterait quelqu’un, s’ils pensaient revenir, et si c’était possible de me faire leurs adieux avant de quitter l’Espagne. On me dit qu’ils ne partiraient pas d’Espagne, que la majorité ne retournait pas à Oumo, qu’on ne pouvait me dire les causes du départ, que le retour dépendait de beaucoup de choses mais qu’il était très triste de penser que peut-être ils ne reviendraient pas de plus de cent ans ou qui sait beaucoup plus de temps encore, mais qu’il n’était pas possible de le savoir par les calculs mathématiques, ensuite on me dit que, par contre, on pourrait savoir la probabilité de pouvoir revenir qui n’était pas la même que celle de le décider. 

  Bien que souriant et tranquille, je connais bien leur psychologie pour avoir beaucoup traité avec eux, je me rendis compte que cette manière de partir tous ainsi sans laisser personne, alors qu’on savait qu’ils avaient pensé rester sur Terre beaucoup d’années encore, avait pour cause quelque chose de très grave comme si la police du monde entier était à leurs trousses ou si l’on allait avoir une guerre. Remarquez, monsieur Villagrasa, que je le leur ai dit sans mentionner l’éventualité de la police : Est-ce qu’il on aura une guerre ? et le plus jeune pratiquement sans se faire entendre et parlant très lentement me contesta : Mais est-ce que les humains ne sont pas perpétuellement en guerres ? Alors, l’autre sortit de son portefeuille une enveloppe de couleur verte et dit que je ne l’envoie pas avant le 15 novembre prochain, puis ils appelèrent le garçon  me demandant ce que j’aimerai  prendre et, après avoir parlé un moment sur la peinture et sur ce qui se passait au Chili, il me fit ses adieux sans trop d’effusion, car il était triste encore qu’avec eux je n’étais pas en grande confiance, comme avec leurs frères précédents qui m’avaient traité au mieux depuis beaucoup de temps et c’est le plus mauvais que j’ai traité avec eux. Tu en connais un, tu te confies à lui, tu as son amitié et puis il disparaît ou part dans un autre pays ou va sur sa terre d’Oumo. C’est une manière étrange d’entendre l’amitié puisque je n’ai pas reçu une seule lettre d’eux depuis, aucun d’eux même ne parle qui n’en soit obligé dans la conversation par la force. Il arrive à ma maison de mauvaise humeur et il en parle avec ma femme, qui s’attriste aussi. C’est au moins une affaire économique, car je l’ai déjà vécu avec soulagement et il ne m’importe pas de dire ce que je leur dois, mais nous les avons pris en affection, c’est la vérité. Nous vivons comme en rêve. Mais ce qui me rend de mauvaise humeur, c’est de me rappeler que l’autre fois qu’ils s’en allèrent, c’était parce qu’ils s’attendaient à la possibilité d’une guerre mondiale, la preuve en est que mon épouse et moi nous en parlâmes ensemble cette nuit là.

Que nous ayons raison, ce qui s’est passé le vendredi douze le démontre. J’étais en train de déjeuner quand …X… m’appela. Ce monsieur est un autre de leurs collaborateurs, ses relations avec moi ne sont pas bonnes et ce n’est pas de ma faute. Comme ce n’est pas bien de parler de son prochain, je me tais… C’est ainsi que nous ne sommes pas en amitié et pratiquement nous ne nous parlons pas. Tout ce que je peux dire c’est qu’il a des idées bizarres, ainsi que chacun est dans sa maison et Dieu dans celle de tous… C’est pourquoi il était étrange qu’il m’appelle. Il m’appela au téléphone et avec beaucoup de mystère me dit. Regarde, j’aimerais que nous ayons une réunion urgente le trois (il oublia de me dire, monsieur Villagrasa, que le plus jeune des oumites était déjà parti, je le savais déjà) et me chargea de l’inviter chez moi car il serait à mon domicile à 9 heures cette nuit. Et il me dit quelque chose, et c’est très grave, très grave. S’il vous plaît soyez ponctuel, il ne convient pas d’en dire plus… et de m’étendre.

Je pris peur et je n’osais en parler avec mon épouse, car je confesse que je me figurais que quelques-uns avaient été arrêtés ou que nous avions été découverts et allions être arrêtés ou autre chose. J’ai la conscience tranquille car traiter avec eux je ne crois pas que cela aille contre la loi, car ce sont des hommes très honnêtes et cultivés, ils respectent les ordonnances et les autorités de chaque pays, bien qu’ils parlent très clairement de politique, mais comme l’on sait, les Américains les recherchaient parce qu’ils étaient très intrigués par Oumo, car Dieu sait si les plus sots croyaient qu’ils sont des espions ou que sais-je, de là la confusion.

C’est pourquoi ce fut avec appréhension que je suis allé au chalet de ce monsieur, avant de parquer dans la zone, j’entrais dans une cabine et je l’appelai pour lui demander de faire venir au téléphone le monsieur d’Oumo s’il était là. Il était neuf heures moins vingt. Il me dit que non et que je ne me mette pas en retard, c’est ainsi que, sans lui dire ma peur, j’attendais quelques dix minutes de plus car je sentais un piège. Vous direz, monsieur Villagrasa : pourquoi tant de précautions puisque ensuite je suis entré dans le chalet de l’autre collaborateur et il ne s’est rien passé. Si quelque jour, comme je le crois, on puisse se rencontrer, nous verrons à expliquer beaucoup de choses  et qu’en vérité il n’était pas exagéré de prendre des précautions.

Au total, ils étaient déjà à m’attendre et il commence tout de suite à me dire qu’ils allaient dicter quelques lettres à nous deux et que l’on prépare les machines, mais qu’auparavant ils allaient m’informer à moi de la situation car l’autre) la connaissait déjà en partie.

Il commence en disant que le pire serait la guerre d’Israël contre l’Egypte et qu’il savait bien que les bases américaines étaient en alerte dans le monde entier, que les autorités d’Amérique du Nord étudiaient à ce moment non seulement le plan d’attaque de l’Union soviétique mais qu’ils disposaient de tous les appareils et systèmes qui permettent de parer à un coup des Russes, et que bien que la probabilité d’avoir une attaque finale soit de moins de trente pour cent, ce qui est rassurant, mais qu’il était prudent d’être prévenus et que bien que le danger soit plus ou moins grave, et la preuve en était que le taux de probabilité n’était pas élevé, ils allaient partir car ils en ont l’ordre permanent dès qu’il y a un certain danger, même bas. Vous ne voyez pas, monsieur Villagrasa, comment je me comporte, car je ne suis pas fou et je sais que quand on donne de mauvaises nouvelles à un malade, on lui dore la pilule. En sommes-nous ? En plus, ils sont très bien informés de tout et toujours et ils n’exagèrent jamais, même si à l’occasion ils sont brefs. Comme l’autre homme s’est joint à eux seulement par intérêt, et ce n’est pas que je le critique, et qu’il se fiche de la politique comme de l’an quarante et n’y comprend rien, bien qu’il se dise préoccupé, et il commence à demander des choses absurdes : s’ils savaient quand on allait lancer des bombes atomiques, et qui commencerait en premier, choses dont on ne saurait le mettre au courant (surtout lui).

Enfin, il commence à nous dicter les lettres et par elles nous allons savoir l’importance que l’affaire allait prendre. Alors, il sort une plaque de métal et, ce qui nous étonne le plus c’est qu’il va lire ce qu’il a à dicter à la machine seulement pour l’autre, car ils dictent toujours de mémoire. C’est parce qu’il dictait les lettres codées. Et il ne nous permit pas comme d’habitude de garder une copie.

Comme il me dicta des choses à moi et d’autres à leur autre collaborateur, on comprit seulement à la fin que cette clef devait être envoyée à tous, sans nous donner de copie.

Quand il eut fermé le coffret ou il met la machine pour l’emmener dans sa voiture, il me demande de la sortir de nouveau et s’il peut écrire à la machine, monsieur Villagrasa, ce que je n’avais jamais vu d’eux, car ils disent qu’ils ne peuvent irriter le bout de leurs doigts. Je mets des calques pour deux copies et il commence à écrire avec les nouures des doigts. Lentement mais plus vite que quand il essaya l’autre jour. Il écrit trois feuilles et les garde. Puis il me demande si je peux venir à leur hôtel.

Nous passâmes la nuit ma femme et moi très préoccupés, bien que tranquilles en pensant que s’il se passait quelque chose ils nous sauveraient et, le jour suivant, un monsieur d’Oumo m’appela de nouveau quand nous allions passer à table. Et je pus comprendre qu’il dit de prendre l’américaine de nouveau et je me rendis à l’hôtel.

Je me rendis une autre fois dans sa chambre et il me dit qu’il devait me mettre en relation avec vous et si on ne vous trouvait pas à son domicile avec M. Jorge Barrenechea qui, je crois, est aussi de vos amis, et avec un autre monsieur dont je ne puis donner le nom car il me l’a été interdit. Il me donna une heure avec une table de lettres et une seconde heure avec d’autres lettres et me pria de me charger de les traduire m’expliquant comment le faire. Puis avec la même table et d’autres écrits semblables à clef, je les déchiffre car le connaissant déjà, le système était facile.

Enfin il me donna une seconde table de lettres mais huit consonnes manquaient, de sorte qu’ayant la table et le texte à traduire, on ne pourra le faire.

Ensuite il me dicte à écrire à la main dans mon agenda trois textes de télégramme qu’on pourra recevoir par cable de Suisse ou de France. Les trois premiers mots correspondaient à trois mots  de suite sur la page d’un livre qu’il me donne. Je dis que le faire ainsi pour éviter les erreurs dans le texte du télégramme et si quelque chose n’est pas clair, on le confronte avec le livre car les consonnes permettent le déchiffrage complet.

Si des mots ne sont pas dans le texte et ensuite il me donna exactement la phrase qu’on recevra, cela signifie qu’on doit communiquer par lettre avec vous, que le danger est nul ou soit que déjà il ne peut y avoir de guerre, car nous ne devons pas nous fier aux nouvelles de la presse qu’ils disent  ou non si une guerre est imminente.

Un des textes qu’il me donna signifiait aussi une attaque au bout de huit heures et une autre en trente heures comme minimum pour les deux. Je le compris ainsi car il me dit que si nous recevions le premier nous devions être dans les environs de leur base avant les huit heures après le télégramme et, si on recevait l’autre, avant les trente heures, mais je me dis alors que le plus sûr était d’avoir eu un temps de plus de trente heures. Si nous recevions des télégrammes urgents, je devais vous appeler par téléphone pour aller à votre maison ou au ministère pour vous chercher et sinon je devais voir votre ami Don Jorge.

 Remarquez si j’étais nerveux que, ce même après-midi, j’étais dans votre rue, faisant une répétition pour ne pas me tromper et je suis monté jusqu’à votre porte ; puis j’allais en voiture jusqu’aux nouveaux ministères. Car à moi la table qu’il me donna ne sert à rien si vous ne la voyez pas, et ni à moi ni à vous elles ne servent à rien si on n’a pas reçu les mots du télégramme. Nous avons passé quelques jours sous tension, l’autre collaborateur reçut des instructions pour aller au nord de l’Espagne et moi je reste seulement avec la crainte qu’il ne manque quelque chose ou qu’ils ne m’envoient pas à temps le télégramme.

Je crois bien que c’est un matin que j’étais malade que je reçus un télégramme (Pardonnez-moi mais je ne dois pas dire cela). C’est que sans l’ouvrir et quasiment pleurant de panique, je dis à ma femme qu’elle prépare tout et que je reviendrais ensuite ; déjà je descendais les escaliers jusqu’à la voiture, après avoir vérifié que j’avais la table, pour aller au ministère vous chercher. Quand je descendis, je me dis qu’il valait mieux vous appeler avant pour ne pas perdre de temps, car au pire vous n’étiez pas là. Et alors je monte une autre fois ouvrir le télégramme. La vérité, M. Villagrasa, est qu’à cause de la panique j’avais oublié que le télégramme pouvait être autre chose, c'est-à-dire sans danger, aussi c’est quand je vis quelle était sa signification je serrais ma femme dans mes bras. Je ne souviens pas avoir jamais eu aussi peur, ce qui démontre que ces choses doivent être prises avec sérénité, mais il est clair que c’est facile de le dire maintenant que c’est du passé.

En tout cas, le sieur d’Oumo m’a déjà averti que si le danger revient nous recevrons ce télégramme dans le temps fixé. J’y vois un bon signe. Ne croyez-vous pas monsieur Villagrasa ?

Ainsi, il n’y a qu’à attendre le retour de ces messieurs. Mais si, passé ce délai, ils ne reviennent pas, j’ai leur permission de me mettre à votre disposition, à celle de M. Garrido et de vos autres amis, pour nous réunir chez moi et y traiter de ce que nous devons faire, car je pense que nous devons donner aux autorités des copies de tout et tout expliquer d’Oumo, même si nous n’avons que des doutes, mais au moins nous accomplirons un devoir. Aujourd’hui, bien que je ne pense rien de la presse, car très sensationnaliste, je crois qu’elle nous gênerait assez. Ceci est trop sérieux pour être mis à la disposition de reporters irresponsables. N’est-ce pas, monsieur Villagrasa ?

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