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D138 | T7-15à18
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Titre de la lettre:
Lettre du dactylographe
Date :
12 novembre 1967
Destinataires :
Madame Alicia Araujo
Notes :

Il faut noter que le style et le vocabulaire de cette lettre sont complètement différents des documents dictés par les Ummites.. Ici encore nous avons essayé de garder le style.
Cette lettre a été reçue par Madame Araujo, destinataire des importantes lettres 58 (biogénétique) envoyées en mars-avril 1967.


 

 

E7 | D138 | T7-15à18

Sra D. ALICIA ARAUJO

MADRID, le 12 novembre 1967

Chère Madame,

Le 26 juin j'ai commencé à vous écrire une lettre à la fin je n'ai pu terminer, comme son envoi n'était pas urgent je ne l'ai pas finie, et ensuite les jours ont passé, nous sommes partis en voyage ma femme et moi, et entre des choses et d'autres jusqu'à mon second retour à Madrid, je ne me suis pas décidé à mettre en ordre mes papiers pour liquider ce sujet.

Je me suis proposé d'écrire en personne à tous leurs correspondants (je veux dire de ceux de Ummo qui me dictaient) pour leur envoyer les documents distincts de chimie, biologiques, etc. Mon intention était, que si dans le délai d'un an ou un an et demi, ces Messieurs d'Ummo ne reviennent pas ou ne donnent pas signe de vie, de parler avec tous personnellement et de décider ce que nous devons faire. Je détiens des preuves d'un véritable intérêt et bien que ce sera à la condition que mes droits sur la propriété soient respectés, je ne verrai pas d'inconvénient à ce que le gouvernement et les ingénieurs les lisent pour les étudier.

D'une part ceci est mon attention et d'autre part l'aspect moral me préoccupe. C'est-à-dire, cette décision est-elle bonne où est-ce rompre la confiance qu'ils ont placée en moi ? Tout serait plus facile s'ils m'avaient dit quoi faire. Ceci est une faute de leur part et en toute justice je dois dire que c'est l'unique erreur que j'ai vue chez le Monsieur Dei quatre-vingt-dix-huit qui était un Monsieur qui a commencé à me dicter des choses pour vous.

Car en effet. Il ne m'a pas seulement interdit de me faire connaître de vous mais aussi des autres correspondants en Espagne. En une occasion nous projetions une réunion privée dirigée par un professeur de l'Université de Madrid. Nous avions déjà tout préparé et parmi les correspondants, nous avions choisi parmi ceux qui se trouvaient à Madrid, soit des ingénieurs ou des physiciens, c'est dire les plus importants, pour ensuite après accord, inviter les autres et exposer aux messieurs d'Ummo le point de vue de tous. Donc je ne sais comment (ou plutôt si, je le sais ou me le figure) ils l'ont su malgré le secret et le fait que nous écrivions confidentiellement à tous ces Messieurs.

Ils ont su comme je le disais et vous n'imaginez pas dans quel état ils se mirent. Ils m'interdirent, jusqu'à ce que passe "du temps" et qu'eux me l'autorisent, d'essayer pour mon compte de me faire connaître car sinon ils rompraient tout contact. Il ne s'agissait pas de me forcer par une punition mais par un compromis moral. Vous comprendrez que ce n'est pas parce qu'ils m'ont rémunéré plus ou moins pour ma collaboration que ceci serait une trahison, puisque s'ils ne m'avaient pas payé, je ne pourrais pas non plus rompre cet engagement.

Mais ici est la question, c'est que quand ils sont partis, ils n'ont pas éclairci ma position puisque comme qui dirait, en réalité ils ne me dirent même pas au revoir bien qu'ils le laissèrent presque entendre.

Comme je n'ai pas parlé avec vous je ne sais pas si vous croyez en tout cela ou non, sûrement vous ne croirez pas non des hommes viennent de Ummo qui est une planète lointaine car d'après ce que j'ai entendu presque personne de ceux qui les reçoivent et parlent avec eux ne le croit. C'est logique car au début je les ai pris pour des fous. L'histoire de comment je les ai connus est longue et un jour je la raconterai car ce fut eux qui vinrent à la maison à la suite d'une annonce que nous avions mise dans la presse.

Je suis parvenu à connaître un des hôtels où ils sont arrivés à se loger. Ceci sera peut-être une preuve de plus, bien que de peu d'importance, car les hôtels tiennent des registres de leurs clients et bien qu'ils se présentent sous de faux noms, il sera facile de les identifier car il y aura des femmes de chambre qui auront parlé avec eux.

J'en suis arrivé à sortir avec eux, très rarement, mais je l'ai fait. Je sais parce qu'ils me l'ont dit qu'ils passaient leur temps à visiter des musées et des édifices de Madrid. Un jour ils me demandèrent de l'aide parce qu'ils devaient falsifier une carte pour entrer dans le département des périodiques de la bibliothèque nationale de Madrid, qui est situé au numéro 3 rue de Zurbaran. Ils m'ont dit que bien sûr je pouvais refuser mais ils m'ont dit que ce ne serait pas immoral car l'unique but était d'étudier une série de revues étrangères. Je me suis présenté au guichet et tout fut résolu rapidement, la jeune fille qui s'occupa de moi ne suspecta rien.

Deux mois avant leur départ (peut-être 3, puisque je n'ai pas noté la date), l'un d'eux vint à la nuit tombante (ils avaient coutume de venir dans l'après-midi vers 19 heures après que je sois sorti de mon travail et me dicter des choses) mais comme ce jour-là je ne les attendais pas je suis arrivé tard à la maison, et ils s'attendaient dans la salle à manger. Ma femme alors était méfiante et préférait leur parler le moins possible. Ils me dirent, quand j'arrivais, qu'ils désiraient me demander un service. Il s'agissait pour eux de faire un travail dans une zone de Madrid où il pouvait y avoir de la surveillance et comme ils avaient des passeports d'un autre pays ils souhaitent être avec un espagnol et l'un d'eux m'expliquât quoi dire si quelqu'un nous posait une question embarrassante.

Il me donnèrent un appareil photo et un pied pour poser cet appareil et il me dit que je devais les attendre l'après-midi suivante.

Je me souviens que c'était un samedi et que je n'étais pas au bureau. À 3 heures, le taxi m'avait déjà déposé dans les petits jardins qu'il y a juste après le pont de Segovia sur la route d'Estrémadure. Ils ne tardèrent pas beaucoup. Ils étaient dans une Renault grise que je sus ensuite être une voiture louée, et dont je notai l'immatriculation et qui ne serait pas difficile à rechercher. L'un d'eux passa sur l'autre rive du Rio Manzanares (celui-ci je le connaissais peu car cela ne faisait pas longtemps qu'il était arrivé d'Amérique du sud) l'autre se nommait Daa trois et resta proche de moi. Je montai l'appareil pour faire semblant d'être en train de prendre des photos, et pendant ce temps, Daa trois posait discrètement en différents points de la zone des petites pièces qu'ensuite je pus voir puisqu'elles étaient dans une boite de métal très épais, pleine de peinture rose. Je vis parfaitement qu'il les posait, certaines en les enterrant en terre et les autres vers la balustrade de fer, près du Rio, les mettant près des piliers de pierre qui soutient la balustrade.

L'autre Monsieur ensuite jeta dans la rivière deux boules qui s'enfoncèrent. Il ne passait presque personne et personne ne nous dérangea. Il me demandèrent que je les attende quand il revint de l'autre bord et ils se mirent dans la voiture pour une demi-heure. Daa trois m'expliqua ensuite que ces pastilles de la taille d'un ongle étaient des témoins radioactifs et qu'elles servaient comme point de contrôle de certaines mesures et ils m'en expliquèrent un peu plus. Nous passâmes par le pont une autre fois et ils me laissèrent dans ma rue Segovia en gardant avec eux l'appareil photographique..

Au début de juin quand ils sont partis, je revins au petit jardin qui est entre le Rio Manzanares et l'avenue de Manzanares. Nous avions été précisément à coté du pont ; à l'endroit où la rampe fait un coude. J'ai cherché avec un tournevis dans les piliers de pierres qui unissent les morceaux de la rambarde et j'ai sorti une des pastilles, je ne me suis pas risqué à la prendre puisqu'il n'avait dit qu'elles étaient radioactives ce qui peut être dangereux. Elle avait un papier collé comme du plastique et elle était pareille que celles que j'avais vues, comme si on avait peint un petit bout de métal avec de la peinture rose, ou de la nacre, ou du plastique. Je ne me suis pas risqué à l'emporter et sans la toucher avec la main, je l'ai jeté à la rivière. Mais il y en a encore car s'ils n'avaient pas retiré celle-ci ils n'avaient donc pas retirés les autres. Je crois que pour le moins, je sais où sont deux autres. De plus je sais où sont tombées les boules, à plus ou moins un mètre, et je ne les ai pas vues non plus les ramasser, comme je ne crois pas non plus que la rivière les ait entraînées. Je crois qu'en draguant le Rio il serait facile de les retrouver.

Je pourrais vous raconter d'autres choses Madame Araujo, puisque nous sommes arrivés à connaître, ma femme et moi, celle qui fut la chef de tous les leurs dans ce monde et qui est venue à Madrid précisément avant qu'ils ne repartent tous vers Ummo dans trois soucoupes volantes. Tout ceci paraît fabuleux mais c'est réel et la presse l'a même publié le 2 juin de cette année.

Sûrement vous me demanderez Madame Araujo ce que je pense de tout cela. Je ne peux pas douter maintenant à ce stade que ces Messieurs que j'ai connus, qui sont venus maintes fois chez moi, qui m'ont dicté des centaines de pages que parfois même ils illustraient ensuite, ne viennent de cette planète qu'ils appellent Ummo. Et je sais beaucoup de choses d'eux. Je sais par exemple qu'il y a dix-sept ans ils sont venus en France pour la première fois et que c'est là-bas qu'ils ont appris la langue et ont expliqué à d'autres toute l'histoire. De plus, pas seulement moi mais aussi ma femme, nous été témoin de choses étonnantes et je défie qu'un ingénieur les invente.

Mais maintenant ils sont tous partis vers leur planète. S'il en reste un, je ne crois pas qu'il soit en Espagne.

Vous ne croirez sûrement pas cela, même s'ils vous avaient parlé, mais sans les avoir vus, parce que tout ceci ressemble à un roman et c'est normal que l'on se méfie.

Mais tout ceci a lieu parce que pour le moment je ne peux me dévoiler et clarifier tout cela. S'ils ne donnent pas signe de vie d'ici un an ou un an et demi, je crois que je dois me présenter aux autorités et à vous et à d'autres personnes pour que d'entre nous tous nous éclaircissions une affaire de si importance pour l'Espagne. Et non seulement je peux présenter des témoins mais aussi un de leurs appareils. J'ai aussi beaucoup de choses de notées, immatriculations de voitures, nom d'un hôtel où je sais qu'ils ont logé, nom d'un commerçant qui les connaissait comme touristes norvégiens, une pension où ils vécurent presque une semaine, des papiers à eux, des inventions qui peuvent être brevetés, et un architecte qu'à la fin j'ai découvert qui sait qu'ils sont de Ummo, et qui les aidait même s'il a eu le cynisme de le nier (je peux démontrer qu'il a au moins envoyé une fois un paquet en Australie). J'ai parlé avec lui et malgré ma promesse de silence il n'a pas eu l'honnêteté de le reconnaître.

Qui peut me dire que je n'ai pas accompli ce qu'ils exigèrent de moi, mais tenez compte qu'avant de partir, ils auraient dû me donner des instructions précises et ne pas me laisser des doutes. Je ne crois pas leur porter préjudice s'ils sont réellement partis. Soyez sûr que s'ils étaient ici je serais incapable de faire quoi que ce soit leur portant préjudice. La preuve est que jusqu'à maintenant j'ai gardé le silence, de même que ma femme. Seulement deux familiers le savent aussi et personne d'autre de notre cercle de connaissances ou des vieux collègues de travail.

Madame Ajaujo. J'ai quelques feuilles que j'ai dactylographiées, dictées pour vous. Vous me pardonnerez que je ne vous les aie pas envoyées, mais leur départ a bouleversé tout cela. Ensuite je suis parti deux fois en voyage, et vos papiers sont sans agrafage mélangé avec d'autres. Je me souviens qu'on vous envoyait à vous des choses de biologie qui est votre spécialité. Eux savaient toujours la spécialité de chacun, et leur envoyaient des choses de leur spécialité correspondante.

J'espère ne pas vous avoir ennuyé avec une aussi longue lettre, moi quand je parle d'eux je m'enthousiasme et ne sais pas m'arrêter, et je saurais parler de cela des jours entiers. Avec raison on dit que la réalité dépasse parfois la fiction et le cinéma.

Je reste votre bien dévoué...

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