Ref. document :
E27 (D955) T2-40,42
Titre de la lettre:
Première lettre d'accompagnement d'un document du groupe D69
Date :
9 juin 1968
Destinataire :
Monsieur Villagrassa

 

 

E27 (D955) T2-40,42

Madrid, 9 juin 1968

Monsieur VILLAGRASA

Très estimé monsieur,

La présente vous annonce l'envoi d'une des copies du rapport qui traite des oawôléa-ouéwa-oéme, que vous appelez soucoupes volantes.

Je suppose que vous avez reçu ma lettre antérieure à celle-ci, dans laquelle je vous expliquais tout, ainsi je n'ai pas à répéter le pourquoi de cet envoi. J'ai aussi écrit à d'autres messieurs dont ils m'ont laissé la liste, seulement ceux qui peuvent comprendre de par leur profession d'ingénieur.

Je n'y suis pas obligé mais ces choses sont importantes et vous en tirerez parti plus que moi qui ne suis pas visé. J'ai pris du retard à cause du grand nombre de pages et je ne peux donner à copier à aucun étranger, et bien que j'ai tiré des copies, je ne peux que répéter que cela ne suffit pas.

Depuis il n'y a pas de copie du premier original sinon celle que j'ai faite depuis. Je l'ai copié le plus parfaitement que j'ai pu, car en cela ils sont des plus scrupuleux, vous ne pouvez vous figurer jusqu'où cela m'a mis en difficulté, ensuite quand un jour quand je me rendis compte qu'ils étaient d'une planète, j'ai eu un choc et j'ai cru qu'ils étaient fous mais quand je me rendis compte qu'ils disaient la vérité et qu'ils se confièrent à moi, ils commencèrent à être plus exigeants pour le travail.

Une chose qu'ils ne me dirent jamais c'est pourquoi ils n'écrivaient pas leurs lettres à la machine puisqu'ils sont si intelligents, ils le sont aussi en cela. Au début, je ne disais rien qui puisse faire croire qu'ils n'avaient pas appris et que cela m'étonnait. Mais un après-midi, un de ces messieurs s'assit et écrivit quelques lignes, et je remarquais qu'il tapait avec un seul doigt, le majeur droit, il tapait vite comme moi ou plus mais, bien que ce ne soit pas grand'chose, car moi aussi je tape vite, c'est bizarre car si je fais le travail, ils peuvent le faire sans témoins, puisqu'ils ne savaient pas si je n'allais pas les dénoncer, grâce à ce qu'ils me donnèrent.

Ensuite, ils étaient très scrupuleux dans d'autres choses. Ils tenaient à ce que je porte des gants élastiques et eux-mêmes m'apportaient le papier en grande quantité (celui là même est de ce qui me reste) mais sans marque d'origine pour que je sois sûr qu'ils ne donnaient pas des ordres par caprice ni les prendre pour des maniaques. J'avais l'habitude de laisser dans les lettres et ailleurs une marge à gauche du papier, mais eux non, parfois me laissaient mettre une marge mais quasi toujours l'heure ils épuisaient la feuille et non faute de papier, jusqu'à se mettre dans les espaces qu'on met entre les mots, parfois comme ils tenaient à mettre les traits d'union. Ils faisaient des choses bizarres, par exemple ma machine a deux signes d'interrogation ¿ et ? car malgré qu'ils savaient qu'en castillan le premier se met dessus, ils me les faisaient mettre dans certaines lettres à l'envers, soit les deux dessous, par contre dans d'autres non, au mieux ils n'en mettaient aucun, ni de mettre ou non les accents, et par contre il y avait des lettres où ils me discutaient chaque mot, ou si j'en sautais, il n'était pas nécessaire de le corriger, et il n'y avait qu'à mettre le papier dans le chariot, (Ndt: la T2-40 se termine ici, la suite est la T2-42) d'autrefois il était clair qu'ils faisaient tout avec plaisir et sans se fâcher, encore moins gronder, ils ne voulaient pas que j'utilise mon papier calque et m'en apportaient de nombreuses marques, chaque fois ils me disaient quelle marque utiliser. Tout était fait pour nous habituer à la discipline, car entre eux ils étaient très disciplinés et souvent, bien que sans m'offenser, ils me faisaient voir le peu discipline que nous sommes, car l'autre monsieur, dont je recevais ses dictées et dont je parle dans l'autre lettre, qu'il était plus sévère, il écrivait puis corrigeait jusqu'à la frappe si elle était forte ou faible

On dirait que le sieur Dei nonante huit est venu, c'était le meilleur et le plus connu parce qu'il venait souvent. Il s'asseyait sur le canapé qui était dans la salle à manger ou dans mon fauteuil, si nous passions dans le bureau que j'ai dans mon appartement, et il fermait les yeux pour dicter. Je vais vous dire une chose que personne ne croira mais Dieu sait bien que je ne ment pas. Quand j'avais passé du temps à écrire, un jour il me dit : vous avez fait une erreur. Quand j'écris je regarde le clavier car je n'ai pas appris la méthode à l'aveugle, je regarde et c'est vrai, je reste stupéfié, il suivait les yeux fermés. Je lui demande s'il savait par un truc de télépathie et il me dit en souriant que non, qu'il n'y a aucun mystère sinon qu'à force de m'entendre taper, il avait remarqué que chaque touche avait un son différent, et c'est ainsi qu'il savait où j'en étais, et de plus parfois il se rendait compte de quelque chose mais, pour ne pas me gêner ou pour voir si je corrigerai, il ne me disait rien et alors après cela et d'autres choses, si quelqu'un me dit qu'ils ne sont pas d'Ummo, je me tais...

Bon il dit que je devais m'efforcer de copier de façon à respecter les lignes, les traits d'union et tout comme ils veulent. Il revoit les chiffres pour le cas où j'aurais fait une erreur et tout en général. Si j'ai fait quelque erreur, ce qui s'est passé parfois, puisque c'est inévitable et aussi les signes de ponctuation, bien qu'il constate que déjà dans l'original manquaient des points et des virgules, car jusqu'ici elles étaient rares, ils en corrigent quelques unes et me disent de ne pas envoyer les autres par exprès.

L'unique qui manque déjà dans l'original, je le dis, sont des lignes censurées, mais on comprendra que je ne peux bien que copier celles de l'autre original non censuré. L'unique c'est les notes 16 et 17, après avoir tout écrit tout, il n'était pas sûr si elles étaient censurées ou non, il les retrouva car il les avait égarées, mais comme j'avais déjà fait le travail, je l'envoie et aussi ces copies parmi les autres à envois… passage manquant ?

Je met des ratures en noir sur mes notes écrites n'étaient pas dans la copie originale, pour qu'on sache qu'elles sont miennes, ainsi (=)

Comme je dessine mal et de plus ils ne sont pas égaux, à part de donner beaucoup de travail, je donne les dessins à mon beau-frère pour qu'il fasse des copies et après je découpe le texte à la machine et je les colle entre les feuillets. Et je n'ai rien à dire sur ce point particulier. Je continue sans rien savoir. Maintenant, je crois qu'ils sont ici de sorte que je ne pense pas me déplacer ni rien faire de plus jusqu'à ce qu'ils m'appellent ou qu'ils reviennent. Si je leur ai fait quelque chose, Dieu sait que ce fut pas intentionnellement et je sais qu'ils ne sont pas vindicatifs.

Et rien de plus jusqu'à ma prochaine lettre : vous savez déjà que je regrette de ne pas signer, mais ils s'en porteront bien et je préfère suivre leur conseil de ne pas donner mon nom.