D 91
T4-11/13
ajh
corr: 11/05/04
II-II-85/88
Titre de la lettre:

Préparatifs d'un contact téléphonique

Date :
01/07/1970
Destinataires :
Monsieur Villagrassa
Notes :

Pas d'originale, donc pas de vérification possible de la forme.

OUMMOAELEWEE
ESPAGNE

Honorables amis de la TERRE en Espagne,

Durant un nombre déterminé de mois, on a pu constater l'absence absolue de notes de notre part.

Nous nous attristons de constater qu'une telle omission pourrait être interprétée comme une attitude méprisante de notre part. Au contraire tout cela obéit à une stratégie pleinement planifiée induite par les circonstances actuelles.

Quelques-uns de vos frères, à la prise de conscience de la présence de notre groupe parmi vous et s'identifiant d'une certaine façon à nos structures mentales, ont généré avec excès un enthousiasme émotif que nous sommes les premiers à regretter.

Nous croyons que vous n'avez pas calibré soigneusement le risque qu'une telle attitude entraîne.

Nous n'avons jamais postulé que vous accepteriez notre existence avec un coefficient de probabilité élevé.

Au contraire, si vos frères récapitulent tous les événements qui ont jalonné l'histoire de nos relations avec vous, vous constaterez que notre affirmation possède une base solide et que nous programmons ces contacts en prenant un soin très spécial de ne pas donner de preuves vérifiables de notre existence. Mais ceci paraît entraîner une grave contradiction. Car offrir d'une part une version unilatérale de notre existence, en niant simultanément l'accès à sa vérification ne se justifie pas dans les bases d'une logique divalente, ni même en évoquant la nécessité d'accepter comme articles de foi des vérités déterminées.

Mais si vous relisez nos écrits, vous vous apercevrez que nous faisons une réponse valide à ces doutes. Nous indiquons que des êtres comme vous immergés dans un réseau social spécifique ne doivent pas refuser leurs obligations envers lui.

Ainsi il ne résultera pas pour vous de perturbation à spéculer, avec les réserves de rigueur, sur une hypothèse qui englobe la possibilité de notre existence sur TERRE.

Mais si nous encouragions le développement de cette spéculation jusqu'à qu'elle atteigne le stade de certitude, cela provoquera, même si vous n'y croyez pas, un enchaînement de réactions psychosomatiques aux conséquences graves pour vos frères impliqués.

Ce n'est pas que nous prétendions devoir vous protéger d'un péril avec une attitude paternaliste. C'est qu'en n'agissant pas ainsi nos frères transgresseraient toute une série de valeurs morales.

Quand nous initions timidement les premiers contacts avec des individualités et des collectivités de la TERRE, mes frères de OUMMO ignoraient ces aspects gravissimes que nous vous exposons aujourd'hui. Ce n'est que lorsque ces lettres, ces envois de communication et de documents au niveau du groupe et le contrôle de vos réactions, ont été nécessaires, que nous nous sommes aperçus de leur inquiétante importance.

Si vous pensez aujourd'hui qu'il eut été plus logique d'adopter une quelconque de ces options : taire depuis le début notre arrivée de OUMMO ou bien, une fois initiés les liens informatifs, apporter des preuves concluantes de nos assertions, nous avons constaté que, lorsque nous avons commencé, nous ignorions les implications de caractère aliénant pour vous. Comme tout ingénieur de systèmes parmi vos frères le comprendra, l'autocorrection en cours de procédure imposa de nouvelles formes à notre conduite. Si ces relations avaient comme objet initial non seulement de compenser la cession involontaire par vous d'une information sur la planète TERRE, mais de sonder la possibilité future de relations plus ouvertes, l'épreuve nous fournit enfin les critères qui régissent notre tactique vis-à-vis de vous jusqu'à ce que nous abandonnions définitivement la TERRE dans un futur plus ou moins lointain.

Mais nous connaissons, amis d'Espagne, vos inquiétudes, vos doutes, votre sentiment de frustration et votre méfiance naturelle. Ce confusionnisme inévitable nous est imputable. Mais nous vous supplions de ne pas l'interpréter comme une attitude machiavélique tendant à vous léser, comme si vous étiez de simples marionnettes ou cobayes dans nos expériences. Ce serait injuste et sans doute manquant de bases réelles. Mais si une telle expérience a existé à l'échelle microsociale les motifs en étaient beaucoup plus purs que leur interprétation pourrait le faire soupçonner. Nous regrettons que, sous certains aspects, les résultats aient été décourageants.

La situation géosociale que traverse la TERRE, qui est imprécise et que nous qualifierions de critique puisque vous en prenez conscience, n'est pas la meilleure pour créer de nouvelles formes d'anxiété en vous impliquant dans nos affaires. Nous ne considérons pas ceci comme une vraie opinion. Nous possédons une certitude sur les risques qu'entraîneraient d'autres formes de conduite de la part de mes frères.

Nous préférons que vous nous oubliez, que vous qualifiez ces épisodes si singuliers comme une fiction, même au risque de provoquer l'inévitable désenchantement de certains frères de la TERRE. Mais cela vous incombe. Amis d'Espagne, analysez cette lettre et nous vous invitons à vous réunir pour étudier une décision. A la vue de notre attitude : Croyez-vous préférable de couper définitivement les ponts entre vous et notre groupe ? Jugez-vous au contraire qu'il serait intéressant de nous suivre en recevant nos notes sporadiquement et sans apport de preuves de nos affirmations ?

Nous vous prions de nommer un interlocuteur susceptible de pouvoir se déplacer à Londres en prenant un contact téléphonique avec nous. (Cela n'est pas possible en Espagne). Nécessairement il doit être membre directeur et représentatif de l'une ou l'autre des associations légales que nous considérons sérieusement introduites en Espagne : Centre d'Etudes Interplanétaires de Barcelone et ERIDANI de Madrid. Le contact aura lieu entre la mi-août et fin octobre, bien que cette fois il est possible qu'à ce moment, un déplacement si lointain ne soit pas nécessaire. Communiquez le à M. Antonio Ribera en lui envoyant une copie de cette lettre.

Nous lui remettrons une nouvelle information avant ces dates.

Nous vous félicitons tous pour l'intérêt que vous avez montré ces mois derniers. Nous jugeons intéressante la proposition de MM. Dominguez et Jordan, suite à une analyse détaillée de nos textes. Nous aurions désiré cependant plus de prudence de la part de MM. Ribera et Jordan dans leurs conversations avec quelques-uns de vos frères nous concernant. Mais nous comprenons que l'ambiguïté qui entoure notre cas engendre une attitude dynamique de la part de certains de vos frères intelligents. Ne considérez pas ceci comme un reproche mais plutôt comme une allusion aux risques que nous avons souligné auparavant dans ce qui pour nous transcende d'autres moyens d'une façon incontrôlée. Nous désirons nous mettre d'accord avec ceux à qui nous nous sommes adressés dans les deux associations existantes que nous avons mentionné, dans le cas où ils décideraient un renouveau des contacts avec nous.

Il nous agréerait que se réalise une réunion générale de vos frères intéressés, en les invitant tous sans discrimination. Si vous vous accordez au contraire pour annuler toute communication orale et écrite, vous restez libres de publier ou de diffuser nos écrits, mais nous vous avertissons que cela serait contreproductif à l'extrême. Notre désir se centre à éviter qu'une telle diffusion soit possible.

Nous vous envoyons nos respects.