D 57-5
T1B - 24/30
ajh
Corr: 24/04/04
II-I-38/45 et 44/49
Titre de la lettre:
Nos premiers jours sur Terre (suite)
Date :
27/03/67
Destinataires :
Villagrasa
Notes :
lettre 5 - sur un total de 30 pages

 


 

Le 30 mars 1950, deux de nos frères virent des animaux vertébrés avec des protubérances pointues sortant du crâne. Au total ils en comptèrent huit. Elles paraissaient situées à une distance de 350 mètres terrestres. L'on donna des ordres opportuns pour une approche en étant pourvus d'équipements de défense. Nos frères allaient couverts d'EEWEEGOO (vêtements). Leur aspect extérieur était celui de vulgaires bleus de travail terrestres très serrés. En réalité il s'agit d'une fine pellicule qui a été pulvérisée au moyen d'une tuyère d'aspersion sur l'épiderme du thorax, du dos, des bras et des jambes. C'est une substance dont la base principale est constituée par un composant de silice en dissolution colloïdale dans un produit volatile. Ce liquide en étant pulvérisé sur la peau évapore immédiatement le diluant laissant cette dernière recouverte d'une légère couche ou pellicule opaque et poreuse de caractère anti-électrostatique. C'est le seul vêtement que nous utilisons quand nous travaillons en contact intime avec la nature.

Sa couleur varie en fonction de certaines circonstances de travail. En général il faut utiliser un code couleur quand un tel équipement est utilisé sur notre planète. Cependant nos frères d'UMMO déplacés à cette époque adoptèrent une couleur grise dans un souci de camouflage efficace. Nous vous expliquons ces petits détails car l'incident que nous allons vous raconter fut à cette époque là très surprenant pour nous.

Nos deux frères se mirent en marche vers le troupeau d'animaux que nous vous avons indiqué. Il s'agissait simplement de vaches et de bœufs mais à ce moment là un tel animal inconnu sur UMMO nous était totalement étranger. Seule l'évidence des mamelles permettait d'identifier le sexe de ces êtres.

Enfins ils arrivèrent aux environs de ce groupe. Avant de s'approcher d'avantage, ils commencèrent les opérations habituelles d'enregistrement de sons et images et le procédé de détection des champs électrostatiques et gravitationnels émis par ces animaux. Se trouvant à une distance de 15 mètres terrestres ils observaient avec fierté la conduite particulière de ceux-ci, qui tout en ayant remarqué la présence de nos frères, continuaient à paître sans bouger.

Soudain apparût de derrière un grand rocher des environs un être humain. Sans doute adolescent, vêtu d'une forme étrangère à nos toilettes. Ses vêtements ne ressemblaient pas aux images qui avaient été enregistrées jusqu'alors. Le sexe de l'enfant s'avéra être masculin, mais au début il fut impossible de l'identifier en tant que tel. Il s'agissait d'un enfant de 11 ans qui surveillait le troupeau de son père, mais tout cela nous devions le savoir plus tard comme nous vous le raconterons.

La surprise et l'inquiétude instantanée de nos frères furent très élevé. Sans bouger de leur position, ils sollicitèrent des instructions du Chef de la base souterraine en utilisant un code digital (ndt ? " dactilar") pour que le nouvel arrivant n'observe aucun mouvements des lèvres.

L'enfant avait dans les mains une substance blanc-jaunâtre (Pain) qui contenait aussi un produit noirâtre (il s'agissait sûrement de confiture ou de charcuterie, le rapport ne le spécifie pas), qu'il mangeait tranquillement sans se troubler devant la présence de nos frères qu'il regarda avec attention sans paraître trop surpris.

Le petit UUGEE leur adressa quelques mots évidemment inintelligibles. Ensuite, en voyant qu'il n'obtenait pas de réponse, il s'approcha encore plus et en mettant les mains devant le front, il les regarda avec plus d'attention. Il est étonnant de constater la série d'équivoques qui suivit. Analysant par la suite la conduite de l'adolescent ( il s'appelait Pierre), il fut évident que le geste de se mettre la main sur le front était simplement pour se protéger du soleil étant donné que nos frères étaient de dos au soleil, mais ils interprétèrent une telle mimique comme un salut et ils firent le même geste, ce qui dut surprendre encore plus l'UUGEE.

Le jeune français, en voyant l'attitude passive de nos frères, appela son troupeau et se retira en saluant timidement. Les explorateurs qui, durant tout l'incident n'avaient pas bougé de leur poste suivant ainsi les instructions du Chef de notre groupe, retournèrent à la Galerie BASE profondément préoccupés. Immédiatement commença un débat pour étudier la situation. La surprise fut si grande que l'on n'avait même pas enregistré des images de l'enfant terrien, ce qui aurait peut-être aidé moyennant l'analyse des gestes à interpréter l'attitude de celui-ci. La situation fut jugée si grave qu'ils décidèrent qu'il convenait de se mettre absolument en contact avec UMMO par voie télépathique . Mais après tout il était juste de reconnaître que des situations comme celle-là et même pires avaient été prévues avant l'arrivée sur OYAAGAA (Planète Terre). 

Le degré d'incertitude sur ce qui pourrait arriver était si insoluble, que l'on opta pour les mesures de défense et de protection qui se révélaient les plus adaptées dans cette situation. L'entrée de la Galerie fut fermée et camouflée, décidant de ne pas sortir de là avant un temps de 1200 UIW (60 heures). L'unique contact avec l'extérieur était constitué par les dispositifs d'aération et ceux de vision optique et d'enregistrement des images, sons et champs de forces.

Le 31 mars 1950, et 467 UIW (23 h) depuis l'incident sérieux que nous venons de vous raconter on n'observa pas de signes extérieurs anormaux, aussi bien dans les environs que dans le village de la JAVIE (le seul accessible par les champs optiques des équipements d'observation). Le 31 donc, vinrent croiser à une distance de 377 ENMOO (630 mètres) le groupe de vaches vu la veille (neuf exemplaires cette fois-ci) et le même UGEE. Cette fois-ci son image fut captée fidèlement au niveau de ses mouvements et amplifié si bien en ce qui concerne les détails de sa morphologie physiologique que de sa tenue.

Dans les cinq cent UIW (25 h) qui suivirent, on capta les images de deux autres êtres qui croisèrent le champ optique d'observation, mais à une plus grande distance de la route suivie par le UGEE. Il s'agissait de deux hommes adultes.

En faisant un bilan rétrospectif des ces journées, nous devons nous étonner de ce qui arriva. Les faits ayant été déduit plus tard après diverses discussions avec les personnes qui prirent part aux événements. Par exemple, il est incroyable que l'enfant Pierre...... (nous omettons son nom pour des raisons évidentes) qui vit actuellement, ne se soit pas plus étonné par notre tenue et ne court pas nous dénoncer à ses parents ou aux autorités de Digne. Ce jeune qui jamais ne connu véritablement notre identité bien que nos contacts avec lui (nous continuerons à le contacter) furent fréquents, confessa que les étranges " vêtements serrés" n'attirèrent jamais son attention.  Deux ans auparavant il avait vu trois topographes, Allemands ou Suisses, prenant des mesures dans les environs et la seconde expérience ne le surprit pas d'avantage. Il dit qu'il nous prit pour ce que nous étions en réalité, des "étrangers". La curiosité enfantine insatisfaite l'induisit à nous rencontrer de nouveau pour la satisfaire et il n'eût pas le courage de dire quoi que ce soit à son père craignant avec raison que celui-ci conseille de ne pas s'approcher d'inconnus. Il confessa sa désillusion quand il constata le lendemain (le 31) que les étrangers n'étaient pas là. (Souvenez-vous que ce jour là nos frères n'eurent pas le courage de sortir, s'attendant à une possible réaction des terriens).

Durant les UIW qui précédèrent la seconde sortie, on s'occupa à confectionner avec des lames de AEEWWIEE (ndt: caractères peu lisibles) (substance flexible et élastique de couleur grise) des tenues qui ressemblaient vaguement aux vêtements des adultes dont les images avaient été captées le 31. Les boutons furent imités avec un alliage d'aluminium, même si on ignorait encore la véritable fonction de ceux-ci. Les cravates furent confectionnées avec de la pâte d'IGUUXOO ( de couleur noire) et d'une seule pièce car le nœud et la bande vus sur les images ne permettait qu'une idée de leur aspect topologique extérieur.  Et comme de la poche de l'un des sujets aperçus sortait un mouchoir, on imita même ce détail, (tout en ignorant sa fonction), en faisant dépasser d'une fente d'un soi-disant costume une feuille froissée de GIIXAA YUXAA (produit alimentaire synthétique qui se présente sous forme de fines lamelles).

Maintenant nous réalisons avec horreur l'effet qu'aurait produit cette tenue de nos frères s'ils s'étaient promenés dans la rue principale de DIGNE. Aucun observateur terrestre n'aurait confondu les tissus classiques qui servent pour les vêtements classiques avec cette grossière imitation. Cependant les critères rigoureux de nos frères évitèrent ce danger. Il s'agissait seulement de sortir pendant la nuit ou la fin de la soirée.

Cependant, le 2 avril 1950, après avoir vérifié que notre présence ne semblait avoir provoqué d'alarme, et tout en admettant l'hypothèse plausible que même si les terrestres informés de notre présence étaient en train de nous surveiller en secret, il fut décidé de sortir en plein jour pourvus des vêtements improvisés imitant le style terrestre. Nos deux frères avaient avec eux cette fois-ci des équipements d'enregistrement et de défense, un exemplaire du message rédigé avec des symboles idéographiques d'interprétation facile dont nous avons déjà parlé dans les documents précédents, et d'un fragment du journal FIGARO trouvé les jours précédents éparpillé au sol et couvert d'excréments.

L'on décida d'aller à la recherche de l'enfant terrien qui, habituellement accompagnait les mammifères vus quelques jours auparavant. 

En les voyant, l'UGEE salua avec les mains sans que nos frères comprennent exactement s'il s'agissait d'un geste hostile, de salut ou d'alarme; ils optèrent donc pour rester arrêtés en attendant la réaction de l'adolescent. Celui-ci s'approcha semble-t-il sans peur, et il dut demander quelque chose. Cette fois-ci il semblait surpris en voyant les vêtements plus étranges que le jour antérieur, bien qu'il se fut agi cette fois-ci d'imitation de vêtements terrestres. Il est aussi curieux de constater que l'UGEE les reconnut malgrè la différence de tenue.

L'UGEE sortit un étrange récipient (il s'agit d'un thermos) et leur offrit son contenu après avoir défait un autre paquet contenant des aliments. Une discussion par gestes très animée commença. Un de nos frères tout en sachant le risque qu'il prenait au cas où les aliments auraient eu leurs protéines orientées dans l'autre sens (vous savez que les molécules protéïques peuvent être dextrogyres ou lévogyres) osa accepter les viandes pour ne pas éveiller d'autres soupçons tout en prévenant son frère de refuser. 

Ce fut la première fois que l'un de nos frères ingurgita des aliments terrestres. Ceux-ci, finalement, ne furent pas nocifs. Ce détail qui peut vous paraître secondaire est en réalité d'une importance transcendante car il confirme l'hypothèse qui établit une même orientation moléculaire pour tous les être vivants du WAAM (COSMOS) à l'encontre de l'un des postulats de l'hypothèse quelque peu décadente de la parité dans l'orientation, selon laquelle la probabilité pour que sur une planète surgissent les piliers moléculaires organiques orientés dans le sens dextrogyre est statistiquement la même que dans le sens lévogyre.

L'enfant terrien ne paraissait pas très étonné du langage de nos frères. Pendant que ceux-ci pensaient étonnés et stupéfaits, que l'enfant n'était pas surpris du fait que ces êtres venaient d'une autre planète (N'oubliez pas qu'alors nous croyions encore que les terriens comprenaient tous leurs propres langages, dont des fragments avaient été différenciés par nos spécialistes qui avaient capté vos émissions radioélectriques). En un mot: pendant que le berger prenait nos expéditionnaires pour de simples étrangers, ceux-ci étaient convaincus que l'adolescent avait deviné leur origine extraterrestre.

Un de nos frères commença la tâche immédiate de signaler divers objets pour que l'UGEE traduise dans sa langue le signifié. Le petit comprit très vite ce que l'on attendait de lui et très fier de son rôle de professeur, il traduisit en français une riche gamme d'objets et de verbes faciles. Nos frères sortirent le fragment du journal en langue française et l'enfant quoique avec certaines difficultés, lut parfaitement des paragraphes entiers.

Vous ne pouvez imaginer la joie intérieure de nos frères. Les gestes et les mots de l'enfant étaient enregistrés optiquement et phonétiquement sans que celui-ci s'en aperçoive. Nos frères de la Galerie souterraine suivaient les évènements fidèlement grâce à un équipement transmetteur d'ondes gravitationnelles. Vous-même pouvez vous douter de la transcendance que revêtait pour nous, non seulement de connaître la signification de quelques phonèmes en langue terrestre (en l'occurrence en français) mais aussi l'interprétation phonique des symboles ou lettres imprimés sur un document, même si nous ignorions encore leurs significations profondes. Dans cette journée 119 mots correspondants à des objets visibles dans la campagne, à des parties du corps humain et à des verbes représentant quelques actions topiques telles que "PRENDRE", "MANGER", "BOIRE", "RELEVER".. etc. dans leur forme infinitive nous furent révélés par cet UGEE terrien.

PREMIERS JOURS PASSES A LA SURFACE DE OYAGAA (PLANETE TERRE)

Dans les chapitres précédents, nous avons relaté succinctement les journées historiques qui ont précédé notre arrivée sur cette planète, comme, par exemple, l'arrivée de trois OAWOOLEA UEWA (nefs de structure lenticulaire) dans une région proche de DIGNE (Basses Alpes: France).

Dans les paragraphes suivant, nous voulons réaliser une synthèse historique de nos premiers mois en France: jusqu'à ce que l'UMMOAELEWE (CONSEIL GENERAL DE LA PLANETE UMMO) , au vu des informations réunies par le groupe d'explorateurs tendant à prouver (ce qui était inconcevable avant) la possibilité, pour nous, de nous mêler incognito aux OEMII (êtres humains), décide de modifier le plan d'observation et nous ordonne de nous disperser sur la TERRE.

Pour des raisons facilement compréhensibles, nous tairons le nom de quelques citoyens de la République Française qui ont été en contact avec nous durant ces quelques semaines (nous avons d'ailleurs de bonnes raisons de croire qu'ils ne soupçonnèrent jamais notre identité).

Quand, au long de ce récit, nous omettons une date, taisant le chiffre référence du jour, nous le faisons sciemment, craignant que cette date aux mains d'un expert, ne conduise à une identification qui pourrait nous être préjudiciable. 

Nous avons aussi renoncé à nourrir cette histoire de quelques faits, d'inégales valeurs anecdotiques, qui constituèrent des jalons importants dans le processus de notre assimilation clandestine éventuelle au RESEAU SOCIAL TERRESTRE. Il s'agit de certains contacts pris avec des personnes et des entités officielles (de l'administration Centrale et, en certains cas, Municipale) de l'État français. Ces contacts, pris grâce à des noms et nationalités frauduleux, ont toujours été enregistrés, d'une manière ou d'une autre, dans des archives, et nous préférons donc, pour des raisons évidentes, ne pas les mentionner. 

Les Services Administratifs et Techniques du Gouvernement français de cette époque n'eurent jamais conscience de notre arrivée sur le Territoire français. Les indications, filtrant à travers la presse locale et les rumeurs circulant parmi les paysans, concernant les quelques traces visuelles de notre descente, se perdirent dans le fatras des articles publiés dans la presse française traitant des apparitions, sur l'ensemble de la planète, de "Soucoupes Volantes" (ndt: en français dans le texte) . De plus, à cette époque, le Gouvernement Français avait des problèmes beaucoup plus graves à traiter. Par exemple, le Cabinet de Bidault se heurtait, à ce moment là, aux problèmes posés, par les conflits sociaux dans les secteurs du Gaz et de l'électricité , sans parler du conflit d'Indochine sur lequel se concentrait l'attention des spécialistes français. Les services de renseignements français, deuxième bureau, avaient reçu des renseignements inquiétants d'après lesquels les troupes Nord coréennes établissaient un plan d'invasion du territoire autonome du sud ce qui aurait pu aggraver de manière incontrôlable la tension mondiale de cette planète.

 De telle sorte que, si les services techniques avaient eu la possibilité de faire parvenir, dans les hautes sphères, les vagues indices que nous avions pu laisser filtrer par inadvertance, en raison de l'inexpérience de nos frères, méconnaissant alors la langue française, ceux-ci ne furent pas pris en considération. En effet: En 1959, quand nous avons effectué, dans les milieux officiels, un sondage secret (ndt: suite sur une page suivante)

UMMOAELEWEE
Langue Espagnole
N° de copie:

pour retrouver des documents secrets mettant en avant l'éventualité de notre arrivée sur la Terre dans le sud de ce pays, sous quelque forme que ce soit, il nous fut impossible de rien trouver.


Maintenant, nous allons expliquer comment un jeune berger français (qui vit toujours (NdR: en 1967)), sans se douter de notre identité, nous lisant les articles de presse et nous rapportant les "ont dit", nous montre de manière inattendue pour nous qu'il nous était possible de traduire en français nos expressions verbales et de comprendre le sens de votre écriture. 

Nos frères décidèrent de s'isoler quelques temps dans notre base souterraine pour assimiler les quelques notions idiomatiques obtenues de manière si précaire. Toutefois, beaucoup d'articles imprimés dans les coupures de journaux restaient inintelligibles, mais nous captions continuellement les émissions de la radiodiffusion Française ce qui nous apporta une grande aide. Il était extrêmement regrettable pour nous de ne pas disposer d'équipement capable de recevoir les images de télévision. Ils arrivèrent aussi, grâce à la réflexion des ondes sur la troposphère, à recevoir faiblement les émissions radiophoniques provenant de pays étrangers et, dont, naturellement, le sens nous était incompréhensible.

Le 24 avril 1950 marque une date historique pour la première expédition UMMO. A cette époque nous n'avions qu'une idée très rudimentaire de la structure sociale qui régissait la mystérieuse planète Terre. Nous avions repris contact avec l'UUGEE (l'enfant français) qui, bien que de culture élémentaire, apprit à nos frères le sens de certains mots clef qui les renseignèrent suffisamment sur certains aspects aussi importants que l'existence de Nations Autonomes, la notion de l'argent et autres coutumes spécifiques des êtres terrestres. Le jeune français fournit deux exemplaires de la presse française, Le Monde du 22 avril et le Figaro du 17 avril, informant tous deux des bruits de graves maladie qui circulaient à propos d'un certain STALINE. L'UUGEE savait seulement que STALINE était "celui qui commande aux communistes" mot que nos frères rencontrèrent souvent et qui était, pour eux, plein de mystère. Une dépêche, en date du 23 avril, et parue dans le Monde du 24 informant, par exemple, qu'un certain Chiang Kay Shek avait décidé d'abandonner Hainan, dont la capitale, Hanoï était occupé par les communistes. ( Il nous fut impossible de savoir du jeune français, si le mot Chiang se rapportait à une machine, une entité, un groupe social ou un Oemii. Mais nos frères avaient appris quelque chose d'extrêmement important. Il n'existait pas, sur cette planète d'unité de langage ni de structure sociale. Les OEMII terrestres se rassemblaient par grands groupes de culture et de morphologie particulière, et, pour incroyable que cela puisse paraître, il était possible de se présenter à un groupe, ou à une nation, en se faisant passer pour membre d'une autre. Il était possible de simuler une langue existante sans créer le doute. 

Le 24 avril , on fit le plan de pénétrer dans une habitation qui se trouvait à deux KOAE (soit 17,4 km - NDT) de notre base, pour surprendre ses habitants et, sans leur faire de mal, pratiquer un certain nombre de larcins dont ils recevraient compensation dans le futur (comme il en fut en 1952).

Celle-ci fut la première des quatre atteintes à la propriété que nous avons commises dans le département des Basses Alpes et des dix huit autres commises en France et en Suisse. Jamais, au cours de ces actions, les victimes ne subirent de sévices corporels et toujours elles reçurent des compensations. Dès que nous eûmes la possibilité de disposer d'argent, sans avoir à le voler, de falsifier des papiers d'identité et de connaître les caractéristiques de quelques armes, nous décidâmes d'arrêter de tels actes bien qu'à nos yeux ils étaient justifiés. 

La nuit du 24 avril 1950, quatre de nos frères pénétrèrent dans une maison isolée en pleine campagne. Auparavant l'endroit où se trouvèrent les habitants de cette maison avait été reconnu par nos UULEWUA (sphères détectrices se propageant à une altitude quelconque, captant son et images). A trois heures du matin, le 25, les ouvriers, qui dormaient dans un appartement, un couple, propriétaire de la maison, et leurs trois enfants furent anesthésiés en plein sommeil.

Furent dérobés soixante dix mille francs (anciens) approximativement, des vêtements, des pièces d'identité (à partir desquelles nous en fîmes de fausses), deux stylos billes, un hygromètre représentant une religieuse, des clefs, des timbres-poste, un paquet de lettres et factures payées se rapportant à un tracteur, plusieurs journaux périmés. Des livres spécialisés sur l'élevage du bétail, un texte expliquant les caractéristiques d'une moissonneuse et la notice d'un tracteur. Une encyclopédie enfantine, un rouleau de papier hygiénique, un peu de désinfectant pour plaies, un réveil matin, deux ampoules incandescentes ( que vous, en Espagne, vous appelez "bombillas"), un morceau de savon. Nous arrachâmes un interrupteur électrique et le compteur électrique. En plus, quelques pièces détachées du tracteur, des tubes de médicaments sous forme de dragées, un cartable avec des devoirs scolaires, six paires de chaussures d'homme et deux de femme (tout ce qu'il y avait), le poste de radio, une bouteille de jus de citron, deux pommes de terre, un calendrier mural, un sécateur et un quinquet.
Une partie de ce butin fut camouflé à quelques quatre cent mètres en attendant d'aller le rechercher la nuit suivante, le reste fut transporté dans notre base souterraine.
Les huit jours suivants furent entièrement consacrés, par nos frères, à analyser ces curieux ustensiles, essayant de comprendre les textes imprimés et les images de l'intérieur des appartements. Tout était fascinant. Nos frères avaient visité ces étranges maisons chaulées, examinant les meubles faits d'une substance qui ne leur sembla pas d'une origine végétale. En éclairant à travers les fenêtres avec une lumière telle qu'on ne pouvait la remarquer, UURIO 79 fils de IYIIA 5, UORII 19 fille de OBAA 7 et ADAA 66 fils de ADAA 65 (mort sur Terre en 1957), furent les premiers, dans l'histoire, à observer une habitation terrestre. L'opération était menée par ODDIOA 1 fils de ISAAO 132. 

Sur un grabat dormaient deux terriens sous l'effet d'un gaz anesthésiant. Bien que sachant déjà que, sur Terre, les YIE se laissaient pousser les cheveux, nos frères ne purent déterminer tout de suite leur sexe respectif. On leur retira leurs vêtements en en prenant un petit morceau. Les deux corps furent partiellement dénudés, et on préleva de la sueur des aisselles et du bas ventre. On préleva aussi des échantillons de poils venant de la tête, des bras, du pubis et des jambes, des échantillons de mucosité nasale, de poils et de sécrétion de la vulve. En plus des objets emportés, des fragments de meubles, d'ustensiles, de carrelage et de parement, furent prélevés et codifiés en fonction des images prises des objets auxquels ils se rapportent (en images sont des sortes de photos tridimensionnelles). Il ne fut pas possible de prélever de la salive sur aucun des terriens. Dans une veste emportée on trouva, en plus, un briquet et des cigarettes.

En même temps nous pûmes prélever des fragments sur des vaches présentes dans un enclos. Nous dûmes anesthésier deux chiens qui commençaient à envoyer de grands "cris" (ceci est la description la plus juste des notes enregistrées à cette date).

Aussi étrange que cela puisse paraître, nous constatâmes avec regret que, malgré le grand nombre d'échantillons et d'objets en notre possession, si l'analyse effectuée nous renseigna exactement sur leur composition chimique, il n'en fut pas de même quant à leur fonction ou utilité. 

Par exemple, il nous fut impossible de déterminer l'utilité des morceaux de savon. Toutes les méthodes employées pour trouver l'utilité du "quinquet" conduisirent à un échec. A part cela, ce fut merveilleux de trouver que le moteur du compteur fonctionnait sur du courant alternatif et de voir comment les indications portées sur le cadran frontal étaient liées à l'énergie. Mais il nous fut impossible de déterminer si cet appareil servait à mesurer le TEMPS ou une autre GRANDEUR périodique quelconque. La fonction d'un vieux réveil matin nous intrigua pendant quelques UIW. Dans un premier temps nous avons craint que cet appareil, s'il était constitué d'un émetteur, présente un risque de faire découvrir nos frères. Les caractéristiques purement mécaniques furent rapidement découvertes. A cause de sa sonnerie nous doutions sérieusement de son utilisation en tant qu'appareil à mesurer le temps.

Nous avons commis une grave erreur quand, pour prélever un fragment de filament, nous perçâmes prudemment le verre de l'ampoule électrique, retardant beaucoup notre connaissance de l'utilité de cette ampoule. Les filaments s'oxydèrent rapidement et fondirent quand on les soumit à une tension croissante. Les cigarettes furent identifiées grâce à des photos d'OEMII prises antérieurement. Nous crûmes qu'il s'agissait d'un dispositif émetteur d'un gaz permettant aux terriens de respirer plus facilement. Nos frères furent assez déconfits de ne pas trouver, à l'intérieur, les mécanismes compliqués auxquels ils s'attendaient. L'énigme n'en fut que plus forte.

Mais il ne fit aucun doute que l'importance de l'argent en billets de banque, des vêtements et des chaussures dépassait largement celle des autres objets.

Nous comprenons fort bien que les graves extorsions que nous avons pratiqué dans cette famille française pacifique soulèvent chez vous l'indignation, bien que cette famille fut largement indemnisée ultérieurement. Nos frères furent préoccupés par les conséquences de telles actions. Toute sortie fut interdite à tous, et les alentours furent observés tout en préparant tous moyens de défense. Mais à part l'agitation dans la ferme et les allées et venues de quelques terriens entre la ferme et le petit village, rien ne semblait anormal. Et, au cours de la même nuit, on put récupérer la partie du butin cachée dans les environs.